
L’assistance gravitationnelle
Pourquoi un tel détour ?
Mercure est la planète la plus proche du Soleil, ce qui pose un problème contre-intuitif : plus une sonde s’approche du Soleil, plus elle est attirée et accélérée par son immense gravité. Pour se mettre en orbite autour de Mercure plutôt que de la dépasser à toute vitesse, BepiColombo doit donc considérablement ralentir, l’inverse de ce qu’exigerait normalement un voyage vers une planète plus lointaine.
Freiner une sonde de cette façon demanderait en théorie une quantité de carburant colossale, rendant la mission bien trop lourde et coûteuse. La solution : utiliser la gravité des planètes elles-mêmes comme un frein naturel. À chaque survol rapproché d’une planète, la sonde profite de son champ gravitationnel pour ajuster sa vitesse et sa trajectoire, sans consommer de carburant. C’est cette technique, l’assistance gravitationnelle, que BepiColombo répète neuf fois, une fois autour de la Terre, deux fois autour de Vénus, six fois autour de Mercure elle-même, avant de pouvoir enfin se laisser capturer par la planète.
Ce principe a été théorisé dans les années 1970 par le mathématicien italien Giuseppe « Bepi » Colombo, qui donne son nom à la mission. La frise ci-dessous explore chacune de ces étapes.
Le billard cosmique de BepiColombo
Clique sur une étape de la frise pour voir son effet sur la trajectoire de la sonde.
