BepiColombo est une mission spatiale conjointe de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA), lancée le 19 octobre 2018 depuis le Centre spatial guyanais de Kourou. Son objectif : atteindre Mercure, la plus petite planète du Système solaire et la plus proche du Soleil, pour en percer les mystères après plusieurs décennies d’exploration limitée.
Pourquoi Mercure ?
Mercure reste l’une des planètes telluriques les moins étudiées du Système solaire, en raison de sa proximité avec le Soleil qui rend toute mission particulièrement complexe à concevoir. Seules deux sondes l’ont approchée avant BepiColombo : Mariner 10, qui a réalisé de simples survols en 1974 et 1975, et MESSENGER, qui s’est mise en orbite entre 2011 et 2015 sans toutefois cartographier l’intégralité de sa surface.
Étudier Mercure permet de mieux comprendre la formation des planètes dites « internes », proches de leur étoile, une catégorie à laquelle appartient également la Terre. La mission cherche notamment à confirmer ou infirmer la présence de glace d’eau dans les cratères polaires de la planète, et à comprendre l’origine de son champ magnétique, une particularité qu’elle partage avec la Terre parmi les planètes telluriques.
Deux orbiteurs pour une mission
La mission repose sur deux sondes distinctes, acheminées ensemble jusqu’à Mercure par un troisième module de transfert (MTM) qui assure la propulsion durant tout le voyage :
- MPO (Mercury Planetary Orbiter), développé par l’ESA : cartographie complète de la surface, étude de la composition et de la structure interne de la planète
- Mio (Mercury Magnetospheric Orbiter), développé par la JAXA : analyse du champ magnétique et de la magnétosphère de Mercure
Une contribution scientifique française
Huit laboratoires français participent à la conception de plusieurs des seize instruments scientifiques embarqués sur la mission, sous la maîtrise d’ouvrage du CNES : l’IAS, l’IPGP, l’IRAP, le LAM, le LATMOS, le LIRA, le LPC2E et le LPP.
Un défi de mécanique spatiale
Approcher Mercure est un exercice de haute précision : la sonde doit considérablement freiner sa vitesse pour éviter d’être happée par l’attraction gravitationnelle du Soleil, sans pour autant pouvoir compter sur une simple insertion directe. BepiColombo utilise pour cela la technique de l’assistance gravitationnelle, en exploitant l’attraction de la Terre, de Vénus et de Mercure elle-même au fil de sa trajectoire.
Les chiffres clés
- Lancement : 19 octobre 2018, Kourou, Guyane française
- Distance parcourue : environ 9 milliards de kilomètres
- Assistances gravitationnelles : 9 (1 Terre, 2 Vénus, 6 Mercure)
- Insertion en orbite : 21 novembre 2026
- Instruments scientifiques : 16, répartis entre les deux orbiteurs
- Durée de la mission scientifique : 1 an, avec possibilité d’extension d’un an
